Tout au long de la guerre, le mélange de déclarations étonnantes de Donald Trump annonçant des négociations et de menaces d’escalade sans stratégie viable ont pointé la nécessité d’une désescalade rapide. Le cessez-le-feu actuel est instable d’un point de vue diplomatique, les parties ne s’entendant pas même sur l’inclusion d’aspects essentiels comme l’arrêt des frappes israéliennes sur le Liban ni sur la version de la liste de propositions iraniennes censées servir de base aux négociations. Bien que la perspective d’un accord de paix véritable semble lointaine, la retraite américaine sur le front iranien est ancrée dans la nécessité de s’extraire d’un bourbier particulièrement dommageable. Il paraît ainsi peu probable que les Etats-Unis cherchent à rouvrir pleinement ce front.
Pour autant, un désengagement américain sans véritable accord ouvre la voie à une nouvelle situation ambiguë. Le statut du détroit d’Ormuz risque de rester indéfini, sur la base du contrôle qu’exerce de fait l’Iran. Il importe dès lors d’anticiper les dynamiques susceptibles de prévaloir sur les marchés de l’énergie dans ce contexte en recomposition. Le contrôle de l’Iran sur le contrôle du détroit d’Ormuz, avec l’émergence d’un nouveau régime de transit, est appelé à exercer un impact structurel sur l’approvisionnement mondial et la formation des prix. Ce nouvel état de fait devrait avoir des effets persistants sur les marchés comme sur l’économie réelle. On ne peut s’attendre à ce que les marchés de l’énergie reviennent pleinement à leur situation d’avant-guerre dans un processus de désescalade.
Le reste de l’article sera publié le 11 avril sur le site des Echos. Retrouvez des éléments similaires dans mon article du 1er avril 2026 qui analysait déjà les conséquences d’une désescalade à venir avec contrôle de fait de l’Iran sur la gestion du Détroit d’Ormuz: Normalisation partielle des marchés de l’énergie après une désescalade dans la guerre d’Iran.
