Catégorie : Médias

  • Donald Trump a-t-il tué la mondialisation?

    Donald Trump a-t-il tué la mondialisation?

    Le combat fait rage pour la suprématie technologique, hors d’Europe…

    Le Débat du jour de RFI le 5 novembre 2025

  • Terres rares: l’arme nucléaire de Pékin

    Terres rares: l’arme nucléaire de Pékin

    Donald Trump a déclaré, après un sommet en Corée du Sud avec son homologue chinois Xi Jinping, avoir convenu de réduire les droits de douane sur les produits chinois à 47 %, en échange de garanties de Pékin concernant l’approvisionnement en terres rares et l’achat de soja américain.

    France 24, 30 octobre 2025

  • Dette: l’impasse économique

    Dette: l’impasse économique

    Je suis intervenu sur France 24 sur le vide politique français et la petite musique délétère sur l’arrivée du FMI, alors que le débat sur la dette fait l’impasse sur les questions de fond, économiques, technologiques et éducatives. Cliquer sur l’image pour accéder à la vidéo.

  • L’Europe brade son avenir face à Trump

    L’Europe brade son avenir face à Trump

    Je suis intervenu hier sur France Info TV : Derrière la menace de chaos, Trump parvient à imposer un nouveau paradigme de protection douanière, unilatérale. Ces tarifs sont certes modérés, mais accompagnés d’une litanie d’exigences consistant à creuser les dépendances de ses partenaires en matière numérique, militaire et énergétique. L’Europe brade son avenir technologique pour sauver les meubles de ses exportateurs historiques.

    Cliquer sur l’image pour visionner la vidéo.

  • Trump impose son rapport de force à ses vassaux

    Trump impose son rapport de force à ses vassaux

    Sur France Info TV, au sujet du rapport de force économique et technologique que Donald Trump cherche à établir avec les pays les plus alignés sur les Etats-Unis, au moyen de la politique douanière.
    Extraits

  • World Economic Fiasco : le crépuscule de Davos

    World Economic Fiasco : le crépuscule de Davos

    Atlantico : La fin de l’ère Klaus Schwab marque-t-elle une rupture définitive pour le Forum économique mondial, où ce dernier peut-il trouver un second souffle sans renier son ADN ?

    Rémi Bourgeot : Schwab était capable de sentir les enjeux liés aux failles béantes du système dont il était lui-même l’un des hérauts. Pour autant, cette approche a été contredite par son propre cadre social. Au-delà du présent scandale, l’ébranlement de la structure managériale et gouvernementale, dans les pays occidentaux en particulier, nourrit une aggravation de fond dans la perte de sens. On observe une poussée vers davantage d’entre-soi événementiel, qui se substitue à la notion-même d’élite et de leadership, affectée par la baisse du niveau éducatif et culturel.

    Avec sa faille économique liée à l’éclatement des chaînes de production, en vue d’une optimisation bureaucratique qui vire à la tragédie industrielle, et un secteur tertiaire qui s’est éloignée de la notion de productivité, l’idée-même de gouvernance mondiale s’est heurtée à la question plus fondamentale de la compétence. Schwab a pensé pouvoir proposer un aggiornamento de la gouvernance mondiale, menacée d’éclatement, face aux leaders populistes certes, mais surtout face à ses contradictions internes. Pour autant, le concept a muté, dans un contexte de vulnérabilité intellectuelle, pour se prendre au jeu de la guerre culturelle et de l’événementiel.

    Davos n’est que la pointe émergée, la plus mondaine, de l’iceberg. La prolifération d’officines improbables, en particulier américaines, qui prétendent offrir un horizon aux cadres, est le symptôme d’une crise de sens plus profonde. Dans un monde occidental qui s’est détourné de l’horizon de réalisations tangibles, les pays les plus désindustrialisés en sont les proies les plus évidentes. Au niveau européen, les grands groupes français s’avèrent particulièrement vulnérables à ce phénomène de conditionnement, sur fond de prestations de voyage aux quatre coins du monde.

    Christine Lagarde représente-t-elle une véritable option de leadership pour incarner la transition du WEF, ou son nom cristallise-t-il un vide stratégique plus large au sein de l’institution ?

    Au-delà des rumeurs spéculatives sur telle ou telle personne, on voit dans de nombreuses institutions une substitution de l’analyse et de l’innovation par une gestion davantage centrée sur la communication, en principe millimétrée. Ces situations virent facilement au fiasco, en l’absence d’outils nécessaires à d’importants revirements stratégiques. Cette logique ruisselle au-delà des directoires. Il est ainsi vraisemblable que cet organisme se concentre encore davantage vers sa dimension de club sans proposer d’orientations de fond.

    Dans un contexte de désengagement progressif des entreprises vis-à-vis des politiques DEI, Davos peut-il encore se poser en vitrine du progrès global sans se couper de sa base historique ?

    Paradoxalement, le « great reset » de Schwab partait plutôt du constat que la gouvernance mondialisée, centrée sur le capitalisme de résultats financiers trimestriels et l’américanisation des masses, fonçait vers un mur. Il s’agissait, initialement, de pointer les failles de ce système et la nécessité d’un mode de coopération plus intelligent. L’idée renvoyait aux velléités de réorientation qui s’était exprimées pendant quelques semaines, une bonne décennie plus tôt, en 2008, avant que l’on ne décide de s’abandonner collectivement à l’opium des bulles monétaires. Les institutions à but public comme les entreprises sont confrontées à d’importantes difficultés lorsqu’il s’agit de répondre à la quette de sens et aux enjeux de changements. On le voit notamment avec les principes de type ESG, en proie à un dévoiement assez généralisé.

    Alors que l’équilibre mondial bascule vers une multipolarité affirmée, le Forum de Davos peut-il encore s’imposer comme un acteur structurant des dynamiques internationales, ou risque-t-il d’être marginalisé par de nouveaux pôles d’influence ? Comment un seul homme, Klaus Schwab, a-t-il pu entraîner le Forum de Davos dans une crise existentielle — et que révèle cette fragilité sur la dépendance des élites à des figures tutélaires plutôt qu’à des structures réellement démocratiques et résilientes ?

    L’éclatement transatlantique du bloc occidental constitue une rupture fondamentale. Il en est de même des jeux d’alliance entre les BRICS au-delà de leurs différences fondamentales, face à la désorientation de l’occident. Ces développements sont lourds de conséquences géopolitiques certes, mais aussi en ce qui concerne la réflexion économique et sociale. Les leaders européens, en particulier, traversent une crise dont il ne faut pas sous-estimer la dimension psychique, tant le leadership américain a façonné leur imaginaire. Il s’agit d’imaginaire collectif, notamment sur le plan géopolitique, avec la conversion européenne au néo-conservatisme dans les années 2000, au lendemain de l’épisode irakien, mais aussi d’imaginaire individuel avec la standardisation des modes de vie.

    Cette interview a initialement été publiée par Atlantico.

  • Derrière DeepSeek, la voie de l’excellence française dans l’IA

    Derrière DeepSeek, la voie de l’excellence française dans l’IA

    En s’appuyant sur ses compétences mathématiques et l’open source, l’Europe peut concurrencer les États-Unis et la Chine, avec des investissements importants, mais surtout en remettant la culture scientifique au cœur de sa réflexion stratégique.

    Alors que l’IA chinoise DeepSeek rebat les cartes de la concurrence mondiale, la France cherche aussi à mettre en valeur ses compétences de pointe, par l’annonce de projets d’investissements massifs dans les infrastructures numériques, à l’occasion du sommet mondial de Paris. Les succès fulgurants de Mistral AI ont démontré le potentiel français, le talent mathématique de nos chercheurs et ingénieurs défiant la crise éducative. Cependant, un fossé apparaît entre cette excellence scientifique et l’action publique au détour de couacs, dont le lancement prématuré de l’IA open source Lucie est la dernière anecdote en date. L’État doit redéployer ses compétences scientifiques s’il veut assurer la cohésion stratégique de cet effort d’investissements et éviter que l’écosystème numérique ne se laisse systématiquement préempter par la Silicon Valley.

    Le moment est d’autant plus crucial que s’éloigne l’idée selon laquelle l’IA de pointe ne pourrait être qu’américaine, au vu de la compétence d’autres pays, comme la Chine mais aussi la France, avec une tradition mathématique en parfaite adéquation avec les défis des réseaux de neurones. DeepSeek a démontré au monde, avec quelques millions de dollars et des cartes graphiques limitées, que l’on pouvait se contenter de moyens incomparables avec ceux des géants américains. Il y a à peine plus d’un an, Mistral proposait aussi un modèle qui rivalisait avec ceux d’OpenAI, après quelques mois de travail et avec quelques dizaines d’employés. La compétence française est indéniable en matière d’IA. Ce talent est aussi visible au sein des géants américains. Yann Le Cun, l’expert en chef de Meta en matière d’IA, entraîne derrière lui toute une génération. Le modèle open source de l’entreprise, LLaMa, a en premier lieu été développé par une équipe parisienne.

    Nous étions déjà nombreux en 2023 à pointer l’émergence d’une IA plus économe et fine que celle des géants californiens. Les cerveaux français trouvent souvent dans la Big Tech des débouchés à leur excellence mathématique. Plusieurs des initiateurs de Mistral sont d’ailleurs passés par ces entreprises. Cependant, si le sort de tout succès européen est d’être aspiré dans le giron de géants américains, comme l’a partiellement été Mistral, les bénéfices que nous en tirerons resteront négligeables. Au vu du bouleversement économique qu’amène l’IA, une telle tendance nous condamnerait à une dépendance redoutable. Les démiurges transhumanistes n’ont pas de projet pour l’Europe au-delà de ses beaux paysages.

    Le développement des infrastructures et des data centers en particulier, au moyen d’investissements massifs, est indispensable à notre autonomie. On ne peut que saluer l’effort dans ce sens, s’il se concrétise dans l’ensemble, d’autant plus qu’il ne se réfugie pas derrière de labyrinthiques consortiums invoquant les mânes d’Airbus. On ne pourra, néanmoins, faire l’économie d’une réflexion sur la source des financements, l’équilibre décisionnel vis-à-vis des partenaires internationaux, et la pérennité des projets.

    Cela nécessite notamment de combler le déficit technologique des administrations, qui perdure malgré le retour en grâce de la notion de politique industrielle. Des financements éparpillés, sans analyse suffisante, dans le cadre de « France 2030 » à l’excès de communication événementielle, en passant par la « révolution de l’hydrogène » et les statistiques de réindustrialisation faussées par l’auto-entrepreneuriat, l’État doit faire un effort de fond. Cet effort est d’autant plus nécessaire alors que les remous de la politique mondiale risquent de secouer l’environnement open source, qui est au cœur de la dynamique de rattrapage dans l’IA.

    L’open source représente une opportunité remarquable de circulation du savoir technologique. Yann Le Cun en est un évangéliste et il semble sensible au rêve de voir son pays d’origine se refaire une place digne de sa tradition scientifique. Pour autant, au vu des fulminations des responsables américains contre DeepSeek, réclamant des restrictions plus fortes, on peut craindre que la brèche de l’open source dans l’empire de la Big Tech ne soit remise en cause. Cette situation conduirait à une domination plus implacable des États-Unis dans le secteur technologique, à laquelle peu de pays, à part la Chine justement, pourraient faire face. Les États vont devoir se pencher sur la question de la circulation des modèles et de l’open source en particulier, qui devrait désormais faire partie intégrante des négociations commerciales.

    L’Europe n’atteindra pas le gigantisme des investissements américains. Pour autant, DeepSeek, Mistral et d’autres dans le monde ont montré que nous pouvons nous redéployer dans le numérique, en tablant pour l’heure sur l’open source, mais surtout en remettant au centre des décisions notre culture d’ingénieur, avec l’éclectisme que cela implique. C’est cette voie, délaissée par l’Europe ces trois dernières décennies, que suivent ceux parmi les BRICS qui se positionnent efficacement dans la course technologique. Nous n’y parviendrons pas tant par une spécialisation sur les questions réglementaires qu’en remettant la culture scientifique au cœur de nos choix stratégiques.

    Ce texte a été initialement publié sur le site du jounal Les Echos.